L'avenir est imprévisible. C'est pourquoi, paradoxe, il faut envisager des futurs. Et pour cela traiter de
l'incertitude. Traiter de l'incertitude, c'est alors aller au coeur de la compréhension de la prévision et de la
prospective et de leurs relations.
Prévision et prospective traitent toutes les deux de l'incertitude, mais la première dégage des certitudes
(déterministes ou aléatoires), la seconde des anticipations sur des advenirs (dans les conditions
d'incertitude qualitative ou/et quantitative). Les postures prévisionniste et prospectiviste diffèrent, mais
elles ont une base commune : le statut de l'incertitude...
...Les incertitudes du futur sont le produit de celles du présent, du passé, et des adevenirs.
Le présent est gros du passé. Les processus en cours ont le plus souvent leur origine dans le passé proche
ou lointain. Certains ont été intentionnels dans le passé, et leur héritage présent est, pour nous,
inintentionnel, et quelquefois ils sont inadvertants par rapport aux intentions premières. Nous décidons
d'éliminer, de modifier, d'ajouter des processus dont nous évaluons et anticipons les effets. Notre vision
des futurs, souhaités ou redoutés, va influer sur le choix de nos actions présentes. Une dialectique relie
donc présent (apparemment synchronique), passé et futur (diachroniques).
Il y a donc un continuum entre l'identification de l'état du système présent-passé et présent-avenir, mais
aussi discontinuité dans le mécanisme mental. L'anticipation ne relève plus seulement de la rationalité
(limitée), mais de l'imagination, de la créativité, du désir.